Comme un roman-fleuve

4 05 2012

Un nouveau roman sort en août chez Luce Wilquin.

Le roman d’une ville et d’un fleuve, d’un homme et d’un amour.

J’ai découvert Liège entre seize et vingt ans. L’âge où l’on tombe amoureux. Et je suis tombé amoureux de Liège.
Longtemps après, j’ai rédigé un premier roman, jamais publié, qui évoquait, sans jamais la nommer, la Cité ardente. Un jeune étudiant un peu suicidaire était sauvé de la noyade par une pianiste dont le morceau de bravoure était Des pas sur la neige de Debussy.
Puis, j’ai publié chez Luce Wilquin, en 2004, un recueil de nouvelles, Vingt-quatre préludes, où je faisais la part belle à… Debussy. La vingtième nouvelle, Ondine, baignant dans une ambiance simenonienne, avait pour cadre Liège. Un avocat, François Lombard, époux déçu d’une immigrée slave, Sonia Gorskine, s’y liait avec une serveuse de café, Ondine.
Ce roman inédit, cette nouvelle ancienne ont servi de déclencheurs à mon sixième roman : l’avocat François Lombard arpente la ville, cette fois nommée, à la recherche de son passé. Il tente de trouver la clé de son amour, il se raconte et nous raconte son histoire, ce « roman-fleuve » (car sa vie, derrière lui qui atteint le grand âge, forme un chemin déjà long).
Mes deux premiers romans, Une semaine de vacance et Recyclages, étaient fondés sur des contraintes oulipiennes et mettaient en scène des personnages imaginaires.
Les trois suivants, Norma, roman, Nuage et eau et Maman Jeanne, évoquaient de façon romancée des personnages réels, mais sans contraintes oulipiennes.
Ce sixième roman est en quelque sorte à la croisée des chemins : il crée des personnages imaginaires sans contraintes oulipiennes. En somme, c’est peut-être mon premier vrai roman, en tout cas mon premier roman « classique ». Troisième personne et passé simple confirment cette appartenance.
Écrire un roman classique dont Liège est le protagoniste, c’est, songeront certains, suivre les traces de Georges Simenon. Pour éviter cette proximité risquée, j’ai opté, non pour l’écriture « transparente » chère au père de Jules Maigret, mais pour une phrase ample, musicale, balancée comme la houle de ce fleuve qui traverse la ville mais aussi la vie de François Lombard ; cette phrase quasi proustienne par moments qui me paraissait appropriée au propos du roman dont voici les premières lignes :

Ses promenades l’emmenaient rarement au-delà du pont de Fragnée, où se rejoignent les eaux de l’Ourthe et de la Meuse, ou alors l’été, quand il se décidait à suivre durant plusieurs heures le sentier de grande randonnée qui filait vers le sud, le long de l’Ourthe, entre les versants d’une vallée profonde, boisée, riante et sombre, une vallée de larmes, songeait-il parfois, quand tout évoquait la joie des grandes vacances, quand l’hiver semblait hors de portée, vaincu, muselé.
Des familles se baladaient là, nonchalamment, des garçons plongeaient, torse maigre et nu, peau bronzée, sous les rires criards des filles, on pique-niquait sur les prés, comme autrefois, sans songer que l’hiver, souvent, l’eau enflait, débordait, noyait chalets et bungalows construits, allez savoir pourquoi, en zone inondable, et des larmes, les riverains en versaient, les riverains que l’on n’avait pas prévenus et qui s’épanchaient devant les caméras, ou que l’on avait prévenus, mais qui avaient tout de même construit : C’est si beau, l’été, c’est si agréable !




Romanistes & Romanciers : le pêle-mêle

4 03 2012




R & R : Romanistes & Romanciers

16 02 2012

R & R : Romanistes & Romanciers : un colloque organisé par l’Association des Romanistes de l’Université de Liège, avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Quand ? le samedi 10 mars 2012, de 9 heures à 17 heures

Où ? au Palais des Académies, 1, rue Ducale, à 1000 Bruxelles

Nicolas ANCION, Frank ANDRIAT, Véronique BERGEN, Rémi BERTRAND, Jean Claude BOLOGNE, Daniel CHARNEUX, Francis DANNEMARK, Bérengère DEPREZ, Paul EMOND, Vincent ENGEL,  Michelle FOUREZ, Françoise LALANDE, Stéphane LAMBERT, Jacques LEFÈBVRE, Yun Sun LIMET, Nicolas MARCHAL, Colette NYS-MAZURE, Adolphe NYSENHOLC, Jean-Marie PIEMME, Grégoire POLET, Annie PRÉAUX, Rossano ROSI, Frédéric SAENEN, André SEMPOUX, Jacques SOJCHER, Laurence THIRION, Pascal VREBOS, Évelyne WILWERTH

Qu’ont-ils en commun ? Ils sont tous romanistes et romanciers. Hasard ou nécessité ? Existe-t-il un lien privilégié entre leur vocation de romaniste et leur vocation de romancier ? Quel rapport établissent-ils entre leur formation philologique et leur passion d’écrire ?

Ils répondent à ces questions en compagnie de :

France BASTIA, Jacques DE DECKER, Janine DELCOURT-ANGÉLIQUE, Caroline DE MULDER, Jean-Pierre DOPAGNE, André GOOSSE, Jean LOUVET et Jean-Luc WAUTHIER

La journée sera divisée en quatre tables rondes où R & R issus de tous les horizons universitaires de la Belgique francophone seront invités à échanger leurs points de vue sous la forme d’une discussion. Chaque table ronde donnera lieu à un débat avec le public.

Le colloque sera suivi d’un volume d’Actes, intitulé Romanistes & Romanciers et publié aux Éditions Luce Wilquin. L’ouvrage réunit, sous forme d’essais, les réflexions ludiques,  scientifiques, insolentes, techniques, nostalgiques ou académiques des 36 orateurs.

Que vous soyez romaniste, professeur de français, étudiant ou futur étudiant ès lettres, écrivain en herbe, lecteur passionné ou amoureux des livres et de la littérature, vous êtes chaleureusement invité à participer à cette rencontre.

  • Comment participer au colloque ?

en versant — avant le 2 mars 2012 — au compte de l’Association des Romanistes de l’Université de Liège n° BE50 – 0882 – 0992 – 0018 la somme de :
10 euros :    inscription et pauses-café (au lieu de 12 euros, le jour du colloque)
21 euros :    inscription, pauses-café et lunch
Attention : pour des raisons logistiques, il ne sera pas possible aux participants de s’inscrire au lunch le jour du colloque.

  • Comment souscrire au volume Romanistes & Romanciers (370 pages environ) ?

en versant au compte de l’Association des Romanistes de l’Université de Liège n° BE50 – 0882 – 0992 – 0018 la somme de :
34 euros (28 euros pour le volume + 6 euros pour frais de port)

  • Comment participer au colloque et souscrire au volume Romanistes & Romanciers (370 pages environ) ?

en versant au compte de l’Association des Romanistes de l’Université de Liège n° BE50 – 0882 – 0992 – 0018 la somme de :
44 euros :    inscription et pauses-café + volume Romanistes & Romanciers (frais de     port compris)
55 euros :    inscription et pauses-café + lunch + volume Romanistes & Romanciers     (frais de port compris)




2012

24 12 2011

Cliquez sur l’image pour un texte plus lisible…




Maman Jeanne par Lise Dineur

5 12 2011

Quelques minutes du spectacle mis en scène par Julien Vanbreuseghem, avec Lise Dineur dans le rôle de Jeanne, Anne Linard et Olivier Douyez à l’accordéon (à Boussu le 20 novembre 2011) :




Maman Jeanne : la création théâtrale

3 10 2011

Ça y est :Maman Jeanne figure au programme de la saison 2011-2012 !

Le site de la Fabrique de théâtre évoque ainsi cet événement :

Maman Jeanne (CRÉATION)
de Daniel Charneux / par la Compagnie Enchantée

Le duo de créateurs formé par Julien Vanbreuseghem, jeune metteur en scène protéiforme montois, et le romancier Daniel Charneux, auteur de Maman Jeanne, nous livre une formidable pièce de théâtre. Lise Dineur, belle et grande comédienne, occupe la troisième pointe du triangle.

Maman Jeanne, c’est le théâtre comme on aime : beau, sensible, populaire dans le meilleur sens du terme.

C’est l’histoire toute simple de l’arrière-grand-mère de l’auteur, qui porte tout entière l’image de la société : celle « d’ici », de la première moitié du 20ème siècle. Terrible vie pour cette femme seule, avec son enfant, devant l’inégalité de la misère, la tristesse mais surtout face à l’immense désir de (sur)vivre, de trouver une place dans l’existence, contre les uns et les autres.

Aucun misérabilisme dans la flamboyante écriture de Charneux. Son talent dépasse largement le triste fait divers et parvient sans difficultés à nous saisir de la première à la dernière minute. Un spectacle émouvant, générant en fin de compte un moment d’optimisme devant notre miroir.

Mise en scène : Julien Vanbreuseghem/ Avec Lise Dineur/ Musique : Olivier Douyez
En coproduction avec L’Axiale boraine

Boussu, Centre culturel, vendredi 18 novembre 2011 à 20h, dimanche 20 novembre à 16h
La Bouverie, La Fabrique de Théâtre, vendredi 30 mars 2012 à 20h
Saint Ghislain, Foyer culturel, samedi 17 mars 2012 à 20h





Haïku et zen chez le moine Ryōkan

28 09 2011

Haïku et zen chez le moine Ryôkan : c’est la conférence que je donnerai le samedi 15 octobre à 11 h 15, au musée de Mariemont, dans le cadre de la journée bouddhique.

Je présenterai brièvement le genre haïku (origine, caractéristiques : la métrique, le kireji, le kigo).
Je prendrai quelques exemples chez les classiques : Bashō, Buson, Issa.
Puis je montrerai les liens de ce genre avec l’esprit du bouddhisme zen (le satori, l’ainséité, le monisme, l’effacement de l’ego, le koan).
J’illustrerai les relations entre haïku et zen par l’exemple de Ryōkan, moine zen et haïjin réputé.




Mons Passé Présent 2011 : Vingt milliards sous l’Amer

12 09 2011

Les 16, 17 et 18 septembre, les rues de Mons accueillaient le festival de théâtre en rue “Mons Passé Présent”. Mon vieux complice Julien Vanbreuseghem et ses amis de la “Compagnie enchantée” m’ont demandé une saynète qu’ils ont donnée dans la cour de la bibliothèque universitaire, rue Marguerite Bervoets, et dont voici le thème :

En l’an 11 de la Nouvelle Ère, les provinces du Nord ont été envahies par la montée des eaux. La mer arrive jusqu’au Grand Large, rebaptisé « l’Amer » car ses eaux sont devenues saumâtres. Le capitaine Nelio sort de la piscine adjacente : elle était bonne… Affûté par sa quotidienne séance de natation, il embarque à bord de son sous-marin rouge en compagnie de ses trois acolytes Borinax, Neder Land et l’Organiste. Leur mission est triple : explorer les grands fonds où se seraient réfugiés, dans d’étranges cités sous-marines, les habitants des provinces du Nord ; trouver le trésor légendaire des Fisco-Fraudeurs pour renflouer le trou de la dette : vingt milliards qui permettraient d’éviter un bain de sang social ; enfin, débusquer et affronter le poulpe géant qui étend ses bras munis de ventouses sur les huit Négociateurs. Le capitaine Nelio réussira-t-il ? Vous le saurez au terme de cette superproduction en 3D : Vingt milliards sous l’Amer.

Voici quelques images de cette soirée.




Télétourisme

4 07 2011

L’émission Télétourisme de Guy Lemaire consacrait récemment un reportage à ma nouvelle Émile et Marthe, publiée dans le recueil Suivez mon regard édité par l’Institut du Patrimoine Wallon.




Le Carnet et les Instants

9 06 2011

Le Carnet et les Instants n° 167 me consacre un bel article signé Francine Ghysen qui le résume ainsi :

En dix ans, jalonnés par quatre romans, un recueil de nouvelles, un récit, des recueils de haïkus, Daniel Charneux a tracé un chemin très personnel. Marqué par l’interrogation sur le temps, le sentiment lancinant du vide, la précision inventive du style.”

Merci à elle pour la chronique de ce parcours que vous trouverez ci-dessous en mode photo (il suffit de cliquer pour agrandir).






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