Norma, roman : présentation
28 07 2008
- Mon troisième roman, Norma, roman, est sorti aux éditions Luce Wilquin (dans la collection : “Sméraldine”) le 6 février 2006.
- A propos de Norma, roman :”Norma Jean Baker était une femme. Marilyn Monroe était un mythe. Cela faisait des années que me trottait dans la tête l’idée d’écrire sur la femme qui se cachait derrière le mythe, un peu dans l’esprit du travail qu’avait réalisé Eugène Savitzkaya, dans Un jeune homme trop gros, à propos d’Elvis Presley. Je tenterais de passer outre les photos sur papier glacé des albums d’André De Dienes ou de Milton Greene, de plonger de l’autre côté du miroir pour débusquer Norma sous le masque de Marilyn, la femme éclipsée par l’étoile.
Et puis, une idée m’a traversé l’esprit. Et si Norma n’était pas morte le 4 août 1962 ? Et si, ce jour-là, elle avait tué le mythe ? Si elle vivait depuis recluse, quelque part dans le désert de Mojave ? Si elle regardait, depuis plus de quarante ans, couler sa vie en spectatrice amusée, feuilletant les pages des albums anciens, réécoutant en boucle l’autre Norma, celle de Bellini chantée par Maria Callas, tentant de combler son désert intérieur par le spectacle du désert, passant parfois, pour s’entraîner à mourir vraiment, une nuit dans son cercueil…
« Écrire un roman, ce n’est pas raconter quelque chose en relation directe avec le monde réel. C’est établir un jeu entre l’auteur et le lecteur. Ça relève de la séduction » écrivait Georges Perec. C’est à ce jeu de séduction que j’ai tenté de me livrer dans Norma, roman. Dans ce roman d’une Norma enfin réconciliée avec elle-même, enfin débarrassée de la siamoise dont elle avait dû supporter toute sa vie, toute sa première vie, l’encombrante, l’obsédante présence”
- Le prologue : C’est dans le désert de Mojave que s’est produit ce qui devait se produire, un matin d’août. À quelques milles d’une mine de pierre volcanique abandonnée, à une dizaine de milles du village le plus proche. Un de ces pueblos fantômes où souffle un vent brûlant qui balaie devant lui des vagues de sable rouge et ces maigres buissons déracinés, fuyants. Un village momifié, vidé de tous viscères.
Contre toute attente, une cabine téléphonique y niche sa carcasse. Toutes les vitres sont brisées. Voici quelques années, un randonneur en découvrit l’existence, sur une carte d’état major. Un téléphone au milieu du désert ! Il prit sa 4 x 4, tourna longtemps en rond au milieu des arbres de Josué, finit par repérer les poteaux téléphoniques, les suivit comme un fil d’Ariane… Au bout, cette cabine brûlante de soleil, avec ses vitres mortes et sept impacts de balles. Et le combiné bien accroché sur sa fourche.
Il décrocha : la tonalité se fit entendre, comme dans tous les téléphones du monde civilisé. Il composa un numéro… ça marchait ! Alors, il releva le numéro de la cabine, rentra chez lui et rédigea un article sur le téléphone du désert.
À la lecture de l’article, des gens se sont mis à appeler. Juste par curiosité. Et puis, un jour, cela s’est produit, qui devait se produire. Quelqu’un est passé par là, sur la vieille route poudreuse. Quelqu’un s’est arrêté, attiré par l’étrange carcasse. Ça sonnait. Une main a décroché. Et un dialogue s’est noué. Les mots ont rapproché deux êtres. Les mots ont vaincu le désert.
- Le prix :
Ce roman a obtenu en 2007 le Prix hainuyer de Littérature française Charles Plisnier






