Cinéma
31 07 2008Ces deux brefs récits ont été rédigés au cours d’un atelier d’écriture à partir de titres de films.
Taxi I
Il était une fois trois frères, Astérix, Obélix et Matrix, qui revenaient de vacances dans le taxi du parrain. Le parrain ? Ghislain Lambert, dit « le moustachu », dit «le sous-doué», qui avait remisé son vélo de course, sa belle bicyclette bleue, pour se reconvertir dans les transports urbains.
Astérix, Obélix et Matrix avaient passé quinze jours près du grand bleu et en revenaient tout bronzés. Le taxi tournait bien. La vie était belle. Un long fleuve tranquille.
Ils venaient de quitter Saint-Tropez quand ils tombèrent sur un gendarme.
- Vous avez franchi la ligne verte, dit le gendarme.
- Impossible, ici, la ligne est pourpre, répondit Ghislain Lambert, dit « le moustachu », dit « le sous-doué », qui était aussi daltonien, si bien que certains copains l’appelaient « Averell ».
- Vous vous foutez de moi ? Ce sont les rivières qui sont pourpres, répondit le gendarme. Outrage à agent, ça va chercher loin.
Le gendarme se préparait à verbaliser quand les trois monstres sortirent par les portières arrière : Fantômas, l’Homme au Masque de Fer et Hannibal le Cannibale.
C’était trop pour un seul gendarme, qui s’enfuit sans demander son reste.
- On a bien fait, dit Riri.
- De garder les masques, dit Fifi.
- Du carnaval de Venise, dit Loulou.
Avant de lancer d’une seule voix :
- Allez, parrain Ghislain, démarre. La soupe aux choux n’attendra pas !
Taxi II
Un automne à New-York. Sunset Boulevard au crépuscule (quoi de plus normal ?)
- Viens chez moi, j’habite chez une copine, elle m’avait dit.
La vie est belle, tout de même. Un automne à New-york, et déjà cette invite : « Viens chez moi, j’habite chez une copine ; toi, tu sais ce que veulent les femmes. What’s your name ? »
- Oscar, j’ai dit. T’as gagné l’Oscar…
C’était le début d’une american history X.
- Taxi ! j’ai dit.
Et hop ! C’est parti. Pas un mot durant le voyage. Mais le french lover à l’action. Mais le french kiss à foison. À pâmoison. Pour moi, c’était la résurrection. Je sortais d’un mariage raté : le soir des noces, j’avais découvert que ma femme s’appelait Maurice. Alors, j’avais fui vers mon fabuleux destin…
Et maintenant, cet automne à New-York. J’étais un E.T. dans la cité des étoiles. La résurrection, quoi. J’étais un seigneur, je pensais déjà aux anneaux, à l’église. Elle et moi, et les anneaux, et le prêtre un peu exorciste qui nous unirait…Le seigneur des anneaux… La vie était vraiment un long fleuve tranquille.
Taxi arrêté au bas d’un immeuble, une étoile dans le ciel.
Et puis l’ascenseur. Une porte qui s’ouvre.
Alors… les rivières pourpres… aussi profond que l’océan…
Et puis… fréquence interdite… il faut sauver le soldat Ryan…
L’ascenseur qui plonge. Et moi dans le taxi, et son rire encore dans ma tête, et son cri en claquant la porte : « 60 secondes chrono ! Bravo, Oscar, Bravo ! »






