Poison

13 08 2008




Elle a ouvert la porte du brouillard
Elle a planté les ombres du décor
Elle a balayé le plancher de sable
Elle a posé une à une les pierres chaudes qui mènent à la plage de pastel
Elle a nettoyé les moulures de la mer à l’esprit de sel
Puis elle s’est assise dans un pliant de silence
Et elle s’est reposée

Elle a fermé les yeux
Elle a tourné la tête vers le soleil
Et derrière ses paupières les dessins se sont mis à danser
Tigres gambadant sur les flots
Montagne coulant dans la rivière
Herbe s’ébrouant sous la rosée
Une hirondelle sur le tissu du ciel
Un chien se promenant main dans la main avec un chat

Quand elle s’est réveillée le temps avait déjà un peu fondu
Elle a replié le pliant de silence
Elle a démoulé les moulures de la mer
Elle a rangé les pierres froides qui ne menaient plus nulle part
Elle a jeté le sable à la rivière
Elle a gommé les ombres du décor
Puis elle a refermé la porte du brouillard



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2 réponses à “Poison”

13 08 2008
Thierry (11:23:49) :

Ce qui est particulier et que j’apprécie dans cette nouvelle façon de publier ton site, c’est que grâce aux flux RSS, le matin, en consultant les nouvelles du monde, mon navigateur m’apprend que tu nous envoies au quotidien des souvenirs, quelques vers…
Merci !

4 05 2009
Profluentiae (21:03:12) :

Et tout ce temps qui fond . Je trouve cette expression très appropriée. On met le doigt sur quelque chose, je crois.
La dernière partie me laisse un goût amer, fermer une porte ça fait souvent du mal car les souvenirs s’ouvrent toujours dans notre esprit , même si l’on a tourné la clé dans la serrure. J’ai toujours tendance à reposer la main sur la clanche.

“Les ombres du décor” , c’est passionnant je trouve.

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