Le chemin lumineux
13 08 2008Mes textes et ceux de mes amis sur des tableaux de Salvatore Gucciardo.
Les tableaux de Salvatore Gucciardo sont reproduits avec l’aimable autorisation de l’artiste.

Le chemin lumineux (Salvatore Gucciardo), huile, 40 x 50
Il est un chemin clair que je parcours le soir à l’abri des regards. Un chemin lumineux que j’explore la nuit à l’abri des regrets.
Sur le chemin lumineux, de doux guerriers sans nom s’inventent des charades pour parler du ciel pâle où s’assoupit l’extase molle.
Sur les méandres assoiffés du chemin lumineux – beau regard des tortues rassasiées de laitue – les calottes glaciaires se racontent des histoires d’amour avec la lave incandescente.
Dans les coulées continues du chemin lumineux, où des escargots sourds s’accouplent patiemment, les crocodiles rêvent d’imprudentes exploratrices.
Dans les arcades dentelées du chemin lumineux, la lumière blanche décline ses efflorescences de prisme : d’andrinople et de safran, de capucine et de lavande, de pruneau, de céladon, et même de ces coulées secrètes qu’en ses canaux de papilionacée distille le timide indigotier.
A l’horizon bosselé du chemin lumineux, les sorcières se reposent sous les rayons glacés du soleil de minuit ; les crucifiés pansent leurs plaies ; les pécheresses essaient des caresses nouvelles.
A la verticale du chemin lumineux, un astre brun se refroidit dans la tendre indifférence du monde. Un astre froid meurt de savoir que sa mort ne comptera pour rien. Un astre lucide sait déjà que le chemin n’a pas besoin de lui, que le chemin rayonne de sa propre existence, que le chemin ne s’illumine que de la lumière qu’il s’invente.

Pour lire le texte de Marcel Peltier, cliquez sur la miniature.






