2012
24 12 2011 Commentaires : 2 Commentaires »Catégories : Actualités
Ça y est :Maman Jeanne figure au programme de la saison 2011-2012 !
Le site de la Fabrique de théâtre évoque ainsi cet événement :
Maman Jeanne (CRÉATION)
de Daniel Charneux / par la Compagnie Enchantée
Le duo de créateurs formé par Julien Vanbreuseghem, jeune metteur en scène protéiforme montois, et le romancier Daniel Charneux, auteur de Maman Jeanne, nous livre une formidable pièce de théâtre. Lise Dineur, belle et grande comédienne, occupe la troisième pointe du triangle.
Maman Jeanne, c’est le théâtre comme on aime : beau, sensible, populaire dans le meilleur sens du terme.
C’est l’histoire toute simple de l’arrière-grand-mère de l’auteur, qui porte tout entière l’image de la société : celle « d’ici », de la première moitié du 20ème siècle. Terrible vie pour cette femme seule, avec son enfant, devant l’inégalité de la misère, la tristesse mais surtout face à l’immense désir de (sur)vivre, de trouver une place dans l’existence, contre les uns et les autres.
Aucun misérabilisme dans la flamboyante écriture de Charneux. Son talent dépasse largement le triste fait divers et parvient sans difficultés à nous saisir de la première à la dernière minute. Un spectacle émouvant, générant en fin de compte un moment d’optimisme devant notre miroir.
Mise en scène : Julien Vanbreuseghem/ Avec Lise Dineur/ Musique : Olivier Douyez
En coproduction avec L’Axiale boraine
Boussu, Centre culturel, vendredi 18 novembre 2011 à 20h, dimanche 20 novembre à 16h
La Bouverie, La Fabrique de Théâtre, vendredi 30 mars 2012 à 20h
Saint Ghislain, Foyer culturel, samedi 17 mars 2012 à 20h
Les 16, 17 et 18 septembre, les rues de Mons accueillaient le festival de théâtre en rue “Mons Passé Présent”. Mon vieux complice Julien Vanbreuseghem et ses amis de la “Compagnie enchantée” m’ont demandé une saynète qu’ils ont donnée dans la cour de la bibliothèque universitaire, rue Marguerite Bervoets, et dont voici le thème :
En l’an 11 de la Nouvelle Ère, les provinces du Nord ont été envahies par la montée des eaux. La mer arrive jusqu’au Grand Large, rebaptisé « l’Amer » car ses eaux sont devenues saumâtres. Le capitaine Nelio sort de la piscine adjacente : elle était bonne… Affûté par sa quotidienne séance de natation, il embarque à bord de son sous-marin rouge en compagnie de ses trois acolytes Borinax, Neder Land et l’Organiste. Leur mission est triple : explorer les grands fonds où se seraient réfugiés, dans d’étranges cités sous-marines, les habitants des provinces du Nord ; trouver le trésor légendaire des Fisco-Fraudeurs pour renflouer le trou de la dette : vingt milliards qui permettraient d’éviter un bain de sang social ; enfin, débusquer et affronter le poulpe géant qui étend ses bras munis de ventouses sur les huit Négociateurs. Le capitaine Nelio réussira-t-il ? Vous le saurez au terme de cette superproduction en 3D : Vingt milliards sous l’Amer.
Voici quelques images de cette soirée.
L’émission Télétourisme de Guy Lemaire consacrait récemment un reportage à ma nouvelle Émile et Marthe, publiée dans le recueil Suivez mon regard édité par l’Institut du Patrimoine Wallon.
Le Carnet et les Instants n° 167 me consacre un bel article signé Francine Ghysen qui le résume ainsi :
“En dix ans, jalonnés par quatre romans, un recueil de nouvelles, un récit, des recueils de haïkus, Daniel Charneux a tracé un chemin très personnel. Marqué par l’interrogation sur le temps, le sentiment lancinant du vide, la précision inventive du style.”
Merci à elle pour la chronique de ce parcours que vous trouverez ci-dessous en mode photo (il suffit de cliquer pour agrandir).
Le mercredi 4 mai 2011 avait lieu la cérémonie de remise du prix des Lycéens. Si le prix proprement dit fut décerné à Tu ne jugeras point d’Armel Job, les 2.700 élèves qui constituaient le jury ont attribué à Maman Jeanne le “prix du plus beau cri d’amour”. Grosse émotion au rendez-vous…

Frédéric Delcor, secrétaire-général de la Communauté française, Valérie de Changy, Marie-Dominique Simonet, ministre de l'Enseignement, Corinne Hoex, Daniel Charneux, Armel Job, Fadila Laanan, ministre de la Culture.
Je garde de cette expérience le souvenir de rencontres avec de nombreuses classes de tous les réseaux d’enseignement, de Péruwelz à Welkenraedt, de Quiévrain à Woluwé…
Merci à tous ces professeurs enthousiastes, à tous ces élèves rayonnants qui ont partagé avec moi ce “cri d’amour” pour une femme qui en fut tellement privée.
Dans mon album, quelques rencontres (à La Louvière, Woluwé-saint-Pierre et Lessines) ainsi que deux illustrations : la poupée rose est de Nicolas Carnol de Welkenraedt, l’église au moineau, de Ludovic Myttenaere, d’Ottignies.
Le vendredi 18 mars à 19 heures,
je présentais Si longues secondes
en compagnie de Salvatore Gucciardo
à la bibliothèque Yourcenar,
dans le beau château Bilquin de Cartier
à Marchienne-au-Pont

“Écrire, c’est vouloir être changé en bébé de papier qu’on dorlote.” (Dominique Noguez)
Est-ce pour cette raison que je me suis lancé, voici dix ans déjà, dans l’aventure de l’écriture ?
Toujours est-il que le 10 février 2001, Une semaine de vacance sortait des presses de l’imprimerie Campin 2000 à Tournai pour le compte des éditions Luc Pire.
Dix ans après, je songe avec reconnaissance à Luc, qui m’ouvrit les portes de l’édition, et surtout à Marie-Christine Duchêne, dont un coup de fil en octobre 2000 m’apprit que ce premier “tapuscrit” méritait de devenir un livre.
La suite ? Un deuxième roman, Recyclages, serait publié chez Luc Pire l’année suivante (Nicolas Ancion avait remplacé Marie-Christine Duchêne à la tête de la collection “Embarcadère”).
Puis, en 2004, Luce Wilquin accueillerait mes Vingt-quatre préludes que suivraient, en 2006, Norma, roman ; en 2008, Nuage et eau ; en 2009, Maman Jeanne. Elle aussi, je souhaite la remercier pour le travail accompli depuis sept ans.
A la clé, six livres, plusieurs prix littéraires dont le Charles Plisnier, deux sélections pour le prix des Lycéens, une pour le prix Rossel des jeunes et surtout une pour le Victor Rossel (en 2008 avec Nuage et eau).
Tout ceci n’aurait pas été possible sans vous, lecteurs, amis, compagnons de voyage que je souhaite ici remercier pour votre fidélité en vous promettant que je ferai mon possible pour vous apporter, dans les prochaines années, d’autres livres à partager.
Suivez mon regard, édité par l’Institut du Patrimoine Wallon, sera présenté à la Foire du Livre de Bruxelles le jeudi 17 février à 16 heures.
Armel Job a conçu un recueil de 40 nouvelles d’écrivains et 40 illustrateurs sur le thème du patrimoine. Il a demandé à des écrivains belges d’écrire une fiction, un poème à partir d’un élément du patrimoine wallon, monument, site ou paysage. Christian Libens l’a aidé activement dans la conception du recueil.
Parmi les 40 sites figure le Caillou-qui-Bique : dans un récit intitulé Émile et Marthe, je raconte la première promenade d’Émile Verhaeren dans la petite région du Hainaut belge où il a séjourné à de nombreuses reprises entre 1900 et 1914. La nouvelle est illustrée par une superbe aquarelle d’Anne Delfosse, que je remercie pour sa précieuse contribution.
Voici les premières lignes d’Émile et Marthe :
Tu dormais encore quand je suis sorti. Le bois aussi dormait encore quand j’ai poussé la porte de la maisonnette où nous avons posé nos bagages hier. J’ai marché parmi les écharpes de brume et moi aussi, j’avais enroulé autour de mon cou l’écharpe que tu m’as offerte, tu sais, l’écharpe en alpaga. C’est que les aubes sont fraîches, déjà, en cette fin d’été.
J’ai fait le tour de la maison. J’ai fait, comme on dit, le tour du propriétaire. Et je me suis, déjà, senti propriétaire de cette maison, de ce jardin, de ce bois dormant où fumait la brume. Puis, j’ai pris le chemin par où nous sommes arrivés venant du point d’arrêt d’Angreau, le petit chemin qui descend vers la rivière.
Aucun oiseau encore dans le matin ensommeillé. J’avais un peu l’impression d’être seul au monde et je t’imaginais blottie au chaud du lit, tandis que je baignais mes muscles de fraîcheur. Une nouvelle fois, je n’ai dormi que quelques heures. J’avais pourtant hier soir, comme à l’accoutumée, arrêté les aiguilles de toutes les horloges pour me protéger de leur tic-tac qui me taraude la tête, mais la nouveauté du lieu m’a tiré du lit aux aurores, frais et dispos comme un jeune homme. Le grand calme d’ici devrait me donner cette sérénité que je n’arrive pas à trouver dans la ville tentaculaire. C’est du moins ce que je cherche, ce que nous avons voulu tous deux en nous installant dans cette pointe du Hainaut enfoncée dans la France comme un coin dans un tronc, mais j’avoue qu’hier, en découvrant notre gîte solitaire dans sa clairière, je me suis dit que nous allions mourir d’ennui.