A la bibliothèque Yourcenar

22 03 2011

Le vendredi 18 mars à 19 heures,
je présentais Si longues secondes
en compagnie de Salvatore Gucciardo
à la bibliothèque Yourcenar,
dans le beau château Bilquin de Cartier
à Marchienne-au-Pont




Dix ans après

10 02 2011

Écrire, c’est vouloir être changé en bébé de papier qu’on dorlote.” (Dominique Noguez)

Est-ce pour cette raison que je me suis lancé, voici dix ans déjà, dans l’aventure de l’écriture ?

Toujours est-il que le 10 février 2001,  Une semaine de vacance sortait des presses de l’imprimerie Campin 2000 à Tournai pour le compte des éditions Luc Pire.

Dix ans après, je songe avec reconnaissance à Luc, qui m’ouvrit les portes de l’édition, et surtout à Marie-Christine Duchêne, dont un coup de fil en octobre 2000 m’apprit que ce premier “tapuscrit” méritait de devenir un livre.

La suite ? Un deuxième roman, Recyclages, serait publié chez Luc Pire l’année suivante (Nicolas Ancion avait remplacé Marie-Christine Duchêne à la tête de la collection “Embarcadère”).

Puis, en 2004, Luce Wilquin accueillerait mes Vingt-quatre préludes que suivraient, en 2006, Norma, roman ; en 2008, Nuage et eau ; en 2009, Maman Jeanne. Elle aussi, je souhaite la remercier pour le travail accompli depuis sept ans.

A la clé, six livres, plusieurs prix littéraires dont le Charles Plisnier, deux sélections pour le prix des Lycéens, une pour le prix Rossel des jeunes et surtout une pour le Victor Rossel (en 2008 avec Nuage et eau).

Tout ceci n’aurait pas été possible sans vous, lecteurs, amis, compagnons de voyage que je souhaite ici remercier pour votre fidélité en vous promettant que je ferai mon possible pour vous apporter, dans les prochaines années, d’autres livres à partager.




Suivez mon regard

3 02 2011

La Caillou-qui-Bique - Aquarelle : Anne Delfosse

Le Caillou-qui-Bique - Aquarelle : Anne Delfosse

Suivez mon regard, édité par l’Institut du Patrimoine Wallon, sera présenté à la Foire du Livre de Bruxelles le jeudi 17 février à 16 heures.
Armel Job a conçu un recueil de 40 nouvelles d’écrivains et 40 illustrateurs sur le thème du patrimoine. Il a demandé à des écrivains belges d’écrire une fiction, un poème à partir d’un élément du patrimoine wallon, monument, site ou paysage. Christian Libens l’a aidé activement dans la conception du recueil.
Parmi les 40 sites figure le Caillou-qui-Bique : dans un récit intitulé Émile et Marthe, je raconte la première promenade d’Émile Verhaeren dans la petite région du Hainaut belge où il a séjourné à de nombreuses  reprises entre 1900 et 1914. La nouvelle est illustrée par une superbe aquarelle d’Anne Delfosse, que je remercie pour sa précieuse contribution.

Voici les premières lignes d’Émile et Marthe :

Honnelles, 20 décembre 2007

Honnelles, 20 décembre 2007

Tu dormais encore quand je suis sorti. Le bois aussi dormait encore quand j’ai poussé la porte de la maisonnette où nous avons posé nos bagages hier. J’ai marché parmi les écharpes de brume et moi aussi, j’avais enroulé autour de mon cou l’écharpe que tu m’as offerte, tu sais, l’écharpe en alpaga. C’est que les aubes sont fraîches, déjà, en cette fin d’été.
J’ai fait le tour de la maison. J’ai fait, comme on dit, le tour du propriétaire. Et je me suis, déjà, senti propriétaire de cette maison, de ce jardin, de ce bois dormant où fumait la brume. Puis, j’ai pris le chemin par où nous sommes arrivés venant du point d’arrêt d’Angreau, le petit chemin qui descend vers la rivière.
Aucun oiseau encore dans le matin ensommeillé. J’avais un peu l’impression d’être seul au monde et je t’imaginais blottie au chaud du lit, tandis que je baignais mes muscles de fraîcheur. Une nouvelle fois, je n’ai dormi que quelques heures. J’avais pourtant hier soir, comme à l’accoutumée, arrêté les aiguilles de toutes les horloges pour me protéger de leur tic-tac qui me taraude la tête, mais la nouveauté du lieu m’a tiré du lit aux aurores, frais et dispos comme un jeune homme. Le grand calme d’ici devrait me donner cette sérénité que je n’arrive pas à trouver dans la ville tentaculaire. C’est du moins ce que je cherche, ce que nous avons voulu tous deux en nous installant dans cette pointe du Hainaut enfoncée dans la France comme un coin dans un tronc, mais j’avoue qu’hier, en découvrant notre gîte solitaire dans sa clairière, je me suis dit que nous allions mourir d’ennui.




Pour 2011

27 12 2010

ombres et lumières
creux et vagues sur la neige
et la vie qui fond

eh oui, la vie fond
mais si nous glissons sur elle
elle peut nous sourire

Je vous souhaite, pour 2011, bien des sourires de la vie…




Si longues secondes

20 11 2010

temps figé soudain
le surplace de l’aiguille
si longues secondes

Un nouveau livre sort aujourd’hui grâce aux éditions Audace. Les bénéfices générés par la vente de ce recueil seront versés à l’association “Camps Valentine” qui offre des séjours en montagne à des enfants atteints de la leucémie.

Soixante haïkus, comme les soixante secondes d’une minute.

Soixante moments recueillis, illustrés par mon ami Salvatore Gucciardo

qu’accueille la collection “Terre d’Asile”, comme la Belgique accueillit

l’année de ma propre naissance ce citoyen d’Agrigente.

Merci à Salvatore,

merci à Pierre Bragard qui a l’audace d’éditer des livres,

merci enfin à Colette Nys-Mazure à l’amitié de qui je dois cette belle préface :

Peut-on préfacer un ensemble de ces poèmes faits de rien que sont les haïkus ? J’en doute. Ce sont des vers « sur le sort duquel il convient (…) de ne pas s’appesantir longuement » ainsi que l’écrivait Francis Ponge du cageot.

Dire qu’on ne va rien dire et malgré tout tenter de mettre en lumière la puissance du mystère, voire de l’énigme, que proposent la poésie japonaise et, à son image, quelques disciples occidentaux captivés par ce défi. Oser suggérer que tout bouge et cependant demeure, qu’un vol d’oiseaux fugitifs laisse un sillage, une trace ; deviner le microcosme dans le détail apparemment frivole ; vivre chaque saison et son lot de métamorphoses, tout en esquissant l’arrière-plan. L’aire du rêve.

Le propre de l’art est de reprendre inlassablement la matière commune offerte à tous et de la remodeler selon la vision unique de l’artiste. Après tant d’autres, Daniel Charneux relève le gant ou plutôt la plume ; il s’efforce d’oublier la rhétorique et le sentimentalisme d’une certaine poésie française pour concentrer l’attention, endiguer l’émotion et tenir les mots dans le plus petit espace possible.

Un de mes haïkaï préférés est celui d’Issa, le poète japonais de la fin du XVIIIe siècle : « Dans ce monde / Nous marchons sur le toit de l’enfer / Et nous regardons les fleurs. » À sa façon, Daniel Charneux essaie de maintenir ensemble les deux extrêmes, de n’être infidèle ni à la beauté ni à la misère de l’univers.

« Lent ballet de bulles / frissons bleus sur l’onde verte / la houle du lin » Ainsi réussit-il à saisir l’instant, à l’immobiliser tel un papillon sans briser son essor.

Colette Nys-Mazure




Rentrée

6 09 2010

Quelques nouvelles en ces temps de rentrée :

J’ai tout d’abord la joie de voir Maman Jeanne sélectionné parmi les finalistes du Prix des Lycéens. Une nouvelle occasion de rencontrer de jeunes lecteurs, de respirer l’odeur des classes… Plus de renseignements ici

Le vendredi 17 septembre à 19 h 30, à la bibliothèque de Boussu, rue Léon Figue 19, Françoise Houdart, Luce Wilquin et moi évoquerons ensemble  le monde complexe de l’Édition, les règles et usages qui le régissent, les relations entre tous les acteurs de la chaîne du livre, les problèmes du choix de publication,  la liberté de l’écrivain,  etc.

Le mardi 16 novembre à 12 h 40, je donnerai dans le cadre des “Midis de la Poésie”, à l’auditorium du Musée d’Art ancien, rue de la Régence 3 à 1000 Bruxelles, une conférence sur le thème suivant : « À la Recherche du Temps perdu : un haïku dilaté ? »

Partant de réflexions de Barthes sur le rôle du haïku dans la préparation du roman, je tenterai de montrer dans quelle mesure l’œuvre de Proust s’inscrit dans l’esthétique haïku (captation de l’instant, importance du regard et des autres perceptions sensorielles, mots de saison, humour, philosophie zen à base de vacuité et d’impermanence…) ; dans quelle mesure l’ensemble s’articule autour de quelques instants où l’éphémère rejoint l’éternel (la petite madeleine, les clochers de Martinville…) ; dans quelle mesure aussi, malgré la présence régulière de quasi haïku, l’œuvre se démarque stylistiquement du minimalisme esthétique propre au genre, notamment par l’usage immodéré de la métaphore et, bien sûr, par la dilatation quasi  pathologique de la phrase.

Enfin, un petit livre de haïkus illustrés par mon ami Salvatore Gucciardo est en préparation aux éditions Audace.

Bonne rentrée à tous !




Au revoir, Patrick…

1 07 2010

“Je me suis frotté les yeux. Je devais me rendre à l’évidence : à force de rêvasser j’avais dû m’assoupir. Le soleil avait entre-temps amorcé sa descente et viré à l’orange. Le banc était libre, la pelouse déserte. Mes amoureux, de même que les djambots, avaient eux aussi disparu.
Il était grand temps que je regagne mes pénates. Je me suis ébroué, j’ai refermé et empoché mon calepin, je me suis redressé, j’ai épousseté mon fond de culotte des brins d’herbe qui s’y étaient collés…
Tiens ! À trois pas de moi quelque chose brillait dans la pelouse. Un bouton de la vareuse du garde forestier ? Ou, plus prosaïquement, une capsule de bière
Jupiler-les-hommes-savent-pourquoi ? Je me suis avancé pour vérifier.
C’était une petite araignée en or. Je l’ai ramassée par sa chaînette et l’ai glissée précautionneusement dans mon calepin, où elle se recroquevilla en toute hâte car rien n’est plus farouche qu’une araignée.

Je décidai que celle-ci me servirait dorénavant de porte-bonheur.”


PATRICK VIRELLES, L’arbre à bonheur (ville de Mons, 2004 ; rééd. in Des nouvelles de Mons, Luce Wilquin 2010 .)

Notre ami Patrick a regagné ses pénates le 30 juin. Il est parti pour ses dernières grandes vacances,  dans ce pays d’enfance où feule un puma jaune parmi les soldats de plomb.

Si, comme l’a écrit Bachelard, « le paradis, à n’en pas douter, n’est qu’une immense bibliothèque », alors Patrick a connu son paradis sur cette terre.

Il nous laisse le souvenir de son amitié, des chants dans le jardin d’un vieil été, et pour porte-bonheur les araignées d’or de ses mots qui tisseront longtemps leurs toiles blondes derrière nos yeux.






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