Baguenaudes

Je me souviens qu’enfants, mes soeurs et moi jouions avec les fruits d’un arbuste qui décorait notre jardin, sortes de bourses vertes et gonflées d’air qui, pressées entre index et pouce, éclataient dans un « clac » sonore si bien que, très logiquement, nous les appelions des « clacs ». J’ai appris bien plus tard que c’était un baguenaudier, que ses fruits s’appelaient des baguenaudes et que, lorsque je les faisais éclater sous mes doigts pour le seul plaisir du bruit, je baguenaudais.

Constant le violoneux

Il était l’un des derniers ménétriers des Ardennes.

Un descendant des ménestrels.

Il était cultivateur et violoniste.

Depuis l’âge de quinze ans, il animait les fêtes au village de ses maclottes et de ses polkas. Il les a jouées jusqu’à Paris.

« C’est la maclotte qui sautille« , écrivait Apollinaire, et il aurait pu le croiser dans les Ardennes, lui qui était né en 1884.

Constant Charneux et mon grand-père Joseph étaient tous deux descendants à la huitième génération de Jean du Charneux et de Jehenne Poncin.

Constant, mon cousin…

Nous avons quelques morceaux de lui, enregistrés en 1973, deux ans avant sa mort, au festival de Champs-lez-Bastogne.

Voici la maclotte de Bastogne.

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