Softenon
11 11 2008
Je me souviens de l’affaire du Softenon.
Catégories : Je me souviens
Je me souviens de l’affaire du Softenon.
Je me souviens que maman est venue nous annoncer la mort du Président Kennedy dans nos chambres ; c’était un vendredi soir, nous ne dormions pas encore.
Je me souviens que le lendemain matin, c’était un samedi, quelques camarades et moi en discutions en allant à la messe (je préparais ma communion solennelle) et que les avis divergeaient sur la trajectoire de la balle.
Je me souviens que, cinq ans plus tard à peine, lors de l’assassinat de Martin Luther King, Paris Match titrait : Mort comme Kennedy.
Je me souviens que quelques semaines à peine ont séparé cette “Une” d’une autre où, cette fois, le mort s’appelait Bob Kennedy.
Je me souviens que Ted Kennedy a vu sa carrière politique brisée lors de la mort de Mary-Jo Kopechne à Chappaquidick.
Je me souviens que les Kennedy ont été suspectés de la mort de Marilyn.
Je me souviens que l’assassin de Bob s’appelait Shiran Shiran.
Je me souviens de Caroline et John-John à l’enterrement, et de la mort de John Junior dans un accident d’avion.
Je me souviens du pianiste qui chante As times goes by dans Casablanca, de «Viktor Laszlo», et de la Marseillaise à la fin du film.

Shane Gould
Je me souviens de quelques nageuses : Shane Gould, Shirley Babashov et surtout Christine (Kiki) Caron.
Je me souviens du glissando de clarinette qui ouvre Rhapsody in Blue.
Je me souviens que Julien Gracq était le nom de plume de Louis Poirier, qui l’avait choisi par référence à Julien Sorel, le héros du Rouge et le Noir, et à l’illustre famille romaine des Gracques (de Gracchus).
Je me souviens de romans dévorés dans une sorte de fièvre, comme Au château d’Argol de Julien Gracq, Le Désert des Tartares de Buzzati ou Tandis que j’agonise de Faulkner.
Je me souviens de La maison du Dr Edwardes, quand le faux docteur incarné par Gregory Peck retrouve la mémoire en disant : « J’ai tué mon frère », et de la glissade sur un perron, et du petit frère empalé sur une grille.
Je me souviens de Bob Morane et de Bill Ballantine, de Tania Orlov (« miss Ylang Ylang »), de « l’Ombre jaune » et de ses cruels dacoïts.

Le cinéma Palace à Dour dans les années 60.
Je me souviens que la plus ancienne réplique de cinéma dont ma mémoire ait gardé trace est « une cicatrice, quand j’étais enfant », qu’elle est associée à une course poursuite sans doute dans un western, mais que je n’ai jamais retrouvé le film en question ; je me souviens m’être souvent dit qu’il était étrange que ce souvenir d’enfance évoque précisément une cicatrice liée à l’enfance.