Dire nos racines

Nous avons tous deux parents, quatre grands-parents, huit arrière-grands-parents, et ainsi de suite… En théorie, un millier d’ancêtres à la dixième génération ! Tous ces gens sont nés, ont aimé, ont travaillé, ont souffert, ont vécu, ont laissé des traces : actes d’état civil, faire-part, livrets de famille, photos ou lettres témoignent de ces « vies minuscules » qui mènent à nous. Les rechercher est l’objet de la généalogie. Dire ces existences est possible grâce à l’écriture. C’est le double objectif que se fixe l’atelier « Dire nos racines » que j’animerai cette saison à la Maison culturelle de Quaregnon. Au cours de ces huit séances, j’aiderai les participants à lancer les bases de leur généalogie, puis à narrer quelques épisodes des destins rencontrés.
Participation : 5 € la séance.
Dates : les mercredis 20 septembre 2017, 18 octobre, 15 novembre, 17 janvier 2018, 21 février, 21 mars, 18 avril et 16 mai de 17 h 30 à 19 heures.

Goutte de Lait

goutte-laitToutes les femmes, oui, je me souviens. Toutes ces femmes rassemblées pour la photo, à la Goutte de Lait. Toutes ces femmes pauvres comme encombrées de leurs mômes, une cinquantaine, je me souviens du jour où ils ont pris la photo, je me souviens de toutes ces femmes dont presque aucune ne souriait, l’air déjà vieilles avec leurs habits noirs, l’air de grands-mères avec leur bébé sur les bras, comme encombrées dans leurs châles, leurs chapeaux. Pas une ne souriait, ou presque. Pas une qui regardait son enfant, ou alors une seule, au dernier rang, je me souviens de la photo, je l’ai longtemps gardée dans mon sac à main, toutes les mères l’avaient reçue, ils voulaient, peut-être, nous accrocher à nos enfants, créer des liens, oui, peut-être qu’ils voulaient faire de nous des mères, de bonnes mères. Une seule regardait sa petite fille mais sans sourire, comme préoccupée, comme se demandant ce qu’elle allait en faire, ce jour-là et tous les autres. Toute la…

Elle s’arrête. Le mot vie est trop fort pour elle. Elle prend une poupée de chiffons.

(Maman Jeanne, éd. Luce Wilquin, 2009)

Maman Jeanne : la création théâtrale

Ça y est :Maman Jeanne figure au programme de la saison 2011-2012 !

Le site de la Fabrique de théâtre évoque ainsi cet événement :

Maman Jeanne (CRÉATION)
de Daniel Charneux / par la Compagnie Enchantée

Le duo de créateurs formé par Julien Vanbreuseghem, jeune metteur en scène protéiforme montois, et le romancier Daniel Charneux, auteur de Maman Jeanne, nous livre une formidable pièce de théâtre. Lise Dineur, belle et grande comédienne, occupe la troisième pointe du triangle.

Maman Jeanne, c’est le théâtre comme on aime : beau, sensible, populaire dans le meilleur sens du terme.

C’est l’histoire toute simple de l’arrière-grand-mère de l’auteur, qui porte tout entière l’image de la société : celle « d’ici », de la première moitié du 20ème siècle. Terrible vie pour cette femme seule, avec son enfant, devant l’inégalité de la misère, la tristesse mais surtout face à l’immense désir de (sur)vivre, de trouver une place dans l’existence, contre les uns et les autres.

Aucun misérabilisme dans la flamboyante écriture de Charneux. Son talent dépasse largement le triste fait divers et parvient sans difficultés à nous saisir de la première à la dernière minute. Un spectacle émouvant, générant en fin de compte un moment d’optimisme devant notre miroir.

Mise en scène : Julien Vanbreuseghem/ Avec Lise Dineur/ Musique : Olivier Douyez
En coproduction avec L’Axiale boraine

Boussu, Centre culturel, vendredi 18 novembre 2011 à 20h, dimanche 20 novembre à 16h
La Bouverie, La Fabrique de Théâtre, vendredi 30 mars 2012 à 20h
Saint Ghislain, Foyer culturel, samedi 17 mars 2012 à 20h


Le plus beau cri d’amour

Le mercredi 4 mai 2011 avait lieu la cérémonie de remise du prix des Lycéens. Si le prix proprement dit fut décerné à Tu ne jugeras point d’Armel Job, les 2.700 élèves qui constituaient le jury ont attribué à Maman Jeanne le « prix du plus beau cri d’amour ». Grosse émotion au rendez-vous…

Frédéric Delcor, secrétaire-général de la Communauté française, Valérie de Changy, Marie-Dominique Simonet, ministre de l'Enseignement, Corinne Hoex, Daniel Charneux, Armel Job, Fadila Laanan, ministre de la Culture.

Je garde de cette expérience le souvenir de rencontres avec de nombreuses classes de tous les réseaux d’enseignement, de Péruwelz à Welkenraedt, de Quiévrain à Woluwé…

Merci à tous ces professeurs enthousiastes, à tous ces élèves rayonnants qui ont partagé avec moi ce « cri d’amour » pour une femme qui en fut tellement privée.

Dans mon album, quelques rencontres (à La Louvière, Woluwé-saint-Pierre et Lessines) ainsi que deux illustrations : la poupée rose est de Nicolas Carnol de Welkenraedt, l’église au moineau, de Ludovic Myttenaere, d’Ottignies.

Lise incarne Jeanne

C’était à l’Echo des Murs, à Mons, le 20 février 2011.

L’écho renvoyé par ces murs ? La voix, l’émotion de Lise Dineur qui offre ses qualités de comédienne à Maman Jeanne ; qui, mieux que le roman, fait vivre enfin cette femme qui a si peu vécu. Et puis le silence, le silence concentré, recueilli, d’un public sous le choc.

Bonne nouvelle : la lecture va pouvoir devenir spectacle. Un vrai spectacle, le monologue que j’avais rêvé lorsque j’écrivais ce texte voici trois ans, et qui va « tourner », durant la saison 2011-2012, dans une douzaine de centres culturels.

Merci à Lise, à Julien Vanbreuseghem qui la met en scène, à Michel Tanner qui produit la tournée !