“Nuage et eau” primé

17 11 2009

L’ombre bienfaisante de Ryôkan continue à me protéger : Nuage et eau me vaut en effet deux prix, l’un d’extension provinciale (le Prix des Usagers de la Bibliothèque centrale du Hainaut), l’autre d’extension internationale (le Grand Prix littéraire France - Communauté française de Belgique de l’ADELF - Association des Ecrivains de Langue Française).

Le premier me sera remis le mardi 8 décembre 2009 à la Bibliothèque centrale du Hainaut, avenue du Rêve d’Or à La Louvière, le second en mars 2010, au siège parisien de l’Unesco.




“Nuage et eau” finaliste du Rossel et du Rossel des jeunes

22 11 2008

Ryôkan continue à me protéger de sa grande ombre bienfaisante.

J’ai appris par Le Soir de ce vendredi 21 novembre que Nuage et eau figurait parmi les finalistes du prix Rossel en même temps que du Rossel des Jeunes.

La patience, vertu zen, sera de mise pour connaître le résultat du prix des Lycéens puisqu’il sera dévoilé en mai.

Une dizaine de jours seulement, au contraire, suffiront pour connaître les lauréats des deux Rossel : c’est en effet le mercredi 3 décembre à 13 heures que leurs noms seront connus.

Merci à celles et ceux qui m’ont déjà encouragé, voire félicité, car cette sélection est déjà un succès.

Merci à celles et ceux qui font vivre ce livre.




Nuage et eau : la presse

24 10 2008

Quelques beaux articles à propos de Nuage et eau :



De Jean-Claude VANTROYEN, dans Le Soir du vendredi 5 septembre 2008 :

Quelques ricochets à la surface de l’eau
” Quel paradoxe pour un journaliste, tout environné du bruit blanc permanent du monde, de plonger dans l’univers silencieux et serein d’un moine zen. Le journaliste se gausse un peu : son univers est incompatible avec celui du moine Ryôkan, qui vécut de 1758 à 1831 au Japon, et leurs deux mondes vont se pulvériser, réduisant en poussière le roman de Daniel Charneux, qui raconte la vie de cet homme. Jugement hâtif : c’est peut-être le monde de l’information le plus vulnérable…
Car Nuage et eau fascine. Par la pureté de l’idéal de Ryôkan, par la simplicité de cette vie, l’absence d’artifice, la communion avec la nature, la beauté de la calligraphie, la permanence de la poésie. « Qu’est-ce donc que nos vies, sinon quelques ricochets à la surface de l’eau ? », dit Teishin, la jeune nonne amie du vieux moine Ryôkan, qui vient de mourir. Mais ces ricochets sont si riches, si bons, si sereins, si justes s’ils sont effectués dans le souffle de l’univers, dans le joli jeu du yin et du yang, du plein et du vide, dans l’amour de tous. Et sans componction : Ryôkan est drôle, il aime jouer avec les enfants, il sourit d’une anecdote, il met le feu à son ermitage en voulant faire un trou dans le toit pour laisser croître le bambou qui y pousse…
La voie du zen, c’est la simplicité. La voix de Daniel Charneux, c’est la simplicité. Rien de trop ni de trop peu dans la narration de cette vie en 81 courts chapitres. Cette voix est juste, pas d’afféterie ni de colorature. La pureté et le naturel d’un haïku. L’émotion de la poésie. Et ça bouleverse l’ordre des mondes…
L’enchantement méditatif de Nuage et eau se prolonge. Relire les haïkus qui font l’essence du roman, les goûter sur la langue. Ecouter quelques pièces du compositeur japonais Toru Takemitsu. Sourire du jeu du soleil sur la façade d’en face. Apprécier la musique de la pluie sur les feuilles des arbres. Faire richesse de tout. Et, posément, comme dans un rituel, préparer le thé et le boire à courtes gorgées. ”

D’Eric BRUCHER, sur Radio Antipode le 17 octobre 2008 :

” Nuage et eau est le roman vraiment magnifique de Daniel Charneux, publié tout dernièrement chez Luce Wilquin. Un petit bijou de grâce, de poésie, de sagesse. Il fait d’ailleurs partie de la sélection des 5 romans pour le Prix des lycéens – en quoi on ne peut que se réjouir de voir proposé ce type de roman aux élèves de fin de Secondaire.

Nuage et eau retrace la vie du moine bouddhiste zen Ryôkan qui vécut au Japon entre 1758 et 1831. Daniel Charneux relate presque à la manière d’un conte le trajet de ce moine itinérant, unsui, nuage et eau comme l’on dit, puis ermite du mont Kugami. Ce moine ami des oiseaux et des enfants, calligraphe, poète, celui qui se dépouille pour les mendiants, le saint qui donne tout, le fou qui met le feu à son ermitage pour épargner une tige de bambou… Celui qui, comme Maître Dogen qui en a introduit la pratique au Japon, ‘pousse le ciel avec sa tête et la terre avec ses genoux’. Celui qui médite sur le vide et cherche l’extinction de la souffrance.

Daniel Charneux sait de quoi il parle. Il a lui-même pratiqué le zen plusieurs années. Il a de même réécrit les poèmes du moine, ces haïkus traduisant en 3 vers et 17 syllabes l’instant fugace et la conscience de l’impermanence. Il y a même mêlé certains haïkus de son crû.

Et puis, au soir de sa vie, c’est la rencontre de Teishin. Elle aussi calligraphie et médite, cherche l’autre rive. Comme lui, elle porte l’habit noir des moniales. 40 ans les séparent, ce sont deux corbeaux dans la neige. Entre eux s’engage un compagnonnage fraternel et amoureux de la plus grande pureté. C’est elle qui, après la mort du moine, rendra Ryôkan célèbre en publiant leur échange de poésies dans La rosée d’un lotus.

Le livre entier est d’ailleurs structuré en courts chapitres qui, dans leur simplicité de ‘moments parfaits’, sont semblables à autant de poèmes, et qui content ce trajet de dépouillement et de retrait du monde ordinaire pour entrer dans l’univers des réalités profondes que nous manquons bien souvent.

« Qu’est-ce donc nos vies, sinon quelques ricochets à la surface de l’eau » est la dernière phrase du livre. Un livre pour nous réveiller de la somnolence de notre âme, comme dit le moine, un livre pour les chercheurs d’absolu. Un livre qui a la limpidité d’une rivière transparente, le mystère d’un matin brumeux, la beauté d’un printemps aux cerisiers fleuris. ”

De Camille PEROTTI,

dans La libre Belgique du vendredi 17 octobre 2008 :

” A l’ombre du bambou

” Unsui “, nuage et eau, moine itinérant. D’une écriture fluide, pure et simple, Daniel Char neux raconte la vie de Ryokan (1758 à 1831), moine zen japonais. Une vie intense, proche de l’essence du monde, en communion avec la nature, comblée par le vol des oiseaux, les jeux des enfants, le vent dans les feuilles, la croissance d’un bambou et les ricochets à la surface de l’eau. De sa belle écriture calligraphiée, Ryokan fige ces bonheurs purs pleins de sérénité avec des haïkus transcendés au crépuscule de sa vie par une rencontre avec une moniale, sage et aérienne, de quarante ans sa cadette, avec qui il entretint une correspondance poétique.
Ce roman biographique, Nuage et eau (Luce Wilquin, 230 pp., env. 20 €), Daniel Charneux - professeur de français et directeur d’école -, l’a écrit après avoir reçu le prix Charles Plisnier en 2007 pour Norma, roman, comme s’il avait fallu un signe. Et si le récit de cette vie d’ascète semble si juste, empli d’images poétiques, c’est parce que Daniel Charneux a lui-même pratiqué le zen plusieurs années.

Comment avez-vous découvert Ryokan ?

Par les haïkus. J’ai acheté un recueil de Ryokan par hasard et j’ai immédiatement été fasciné par son œuvre et, plus tard, grâce à une biographie, par sa vie.

Vous avez publié Pruine du temps, un recueil de haïkus. Qu’est-ce que ce genre représente pour vous ? Quelles sont les contraintes ?

Un haïku, c’est un regard instantané sur les choses. Comme une photographie avec des mots. Le haïku classique contient dix-sept syllabes en trois séquences, il existe aussi des haïkus libres mais j’aime cette musique de dix-sept syllabes, les contraintes techniques sont indispensables à toute forme d’art.

La fluidité et la simplicité de l’écriture ressemblent à la beauté pure du haïku.

En tant que professeur de français, la beauté existe quand il y a adéquation entre la forme et le fond. Si cela fonctionne, cela me réjouit. J’ai essayé de raconter cette histoire de la manière la plus limpide, la plus classique, sans effets de manche.

La vie de Ryokan est-elle exemplaire ? C’est un idéal que vous partagez ?

Oui. Il suffit de s’interroger un peu sur nos vies. On ne comprend plus rien au monde, on passe le plus clair de son temps à des choses pas très nécessaires, il y a une phrase qui dit “on perd sa vie à la gagner”. Notre vie est faite de superflu et on oublie souvent l’essentiel. Ryokan comprend qu’un bol, une hutte, le vêtement qu’il porte et la lune dans le ciel suffisent. Les meilleurs moments que l’on a vécus sont toujours liés à l’émotion, une rencontre, un chevreuil qui passe dans un bois… rien de matériel. Ce retour à l’essence même des choses est l’idéal bouddhiste, il pourrait aussi être mon idéal.

Dans la vie de Ryokan, il ne se passe rien et, pourtant, elle est si riche, si remplie…

C’était un défi sans doute. Pour écrire au début, je m’obstinais à entrer en méditation puis je m’installais pour écrire un chapitre et dans cette solitude, je m’obligeais à ressentir les mêmes conditions de vie que le moine reclus. Cette sensation de vie remplie, c’est la beauté de l’union entre le vide apparent et le plein réel alors que nos vies sont plutôt inversées, apparemment pleines mais en réalité vides. ”




Nuage et eau sur Hamlet

24 10 2008

Le 6 septembre dernier, je répondais aux questions de Nicole Debarre à propos de Nuage et eau dans Hamlet sur Musiq3.

Pour écouter des extraits de cette conversation, cliquez ci-dessous :




Nuage et eau à Boussu le 12 décembre

24 10 2008

Le vendredi 12 décembre 2008 à 19 h 00, je présenterai Nuage et eau à la Bibliothèque, rue Léon Figue à Boussu. J’y répondrai aux questions de Françoise Houdart à propos de ce roman mais aussi du haïku.




Nuage et eau : l’invité du dimanche

11 09 2008

Le 7 septembre dernier, je répondais aux questions de Nicole Debarre à propos de Nuage et eau dans L’invité du dimanche sur La Première.

Pour écouter des extraits de cette conversation, cliquez ci-dessous :




Nuage et eau à “Culture Club”

7 09 2008

Le vendredi 29 août, j’étais l’invité de Laurent Dehossay pour l’émission Culture Club sur La Première.

Pour écouter des extraits de cette conversation, cliquez ci-dessous :




Nuage et eau sur CL

17 08 2008

Pour lire les critiques consacrées à Nuage et eau sur CL (Critiques Libres), cliquez ici.




Nuage et eau sélectionné pour le Prix des Lycéens

30 07 2008

Nuage et eau figure parmi les cinq finalistes du Prix des Lycéens 2008-2009, organisé par la cellule “Culture - Enseignement” de la Communauté française de Belgique.

Pour en savoir plus et connaître les autres finalistes, cliquez ici.




Nuage et eau : phrases-clés

28 07 2008
"Unsui" (nuage et eau) : calligraphie de Pascal Goossens

"Unsui" (nuage et eau) : calligraphie de Pascal Goossens

« C’est dans un cri que nous entrons au monde. C’est dans un cri, parfois, que nous en sortons. Entre les deux, cette souffrance que l’on appelle la vie. »

    « Un souffle de vent fit voleter quelques pétales du cerisier en fleurs qui avait assisté, impassible, à la décollation. Et les confetti de soie rose s’engluèrent dans le sang frais. »

      « Fumitata jura solennellement qu’il suivrait avec enthousiasme et abnégation la Voie du zen, celle qui, partie du Bouddha indien, était passée en Chine avec Bodhidharma, puis au Japon où Maître Dogen lui avait donné, cinq siècles auparavant, la forme épurée du zen : simplement s’asseoir en méditation, pousser le ciel avec la tête et la terre avec les genoux, devenir une colonne d’air, un temple de chair, une pépite de vide. »

        « Même si nous vivions plusieurs siècles, songeait Fumitata chaque fois que Maître Genshô racontait l’histoire du roi qui voulait connaître toute la sagesse humaine, nous n’aurions pas le temps de tout apprendre. Alors qu’un seul instant nous permettrait de tout comprendre, d’embrasser toute la vérité de l’homme. Pourquoi cinq cents volumes si trois mots suffisent ?

          Et pourquoi trois mots si suffisait, pour connaître l’univers, une seconde de méditation silencieuse ? »

          « Dans la contemplation de son galet, le novice que certains trouvaient lent redécouvrait trois idées de base du bouddhisme : l’impermanence, dans le caractère éphémère de la couleur ; l’interdépendance, car la couleur n’existait pas en tant que telle, mais était liée à l’humidité de la pierre, à la présence ou non du soleil, de l’ombre, des nuages ; et la vacuité, car il n’était rien de solide, rien de plein, rien de « vrai » dans cette teinte indéfinissable, variable et, à terme, inexistante. »

            « Fumitata commençait à comprendre que si, dans la réalité relative, sa mère avait pleuré lorsqu’ils s’étaient séparés, dans la réalité absolue il n’y avait jamais de séparation et les larmes de sa mère se changeaient en pétales de roses car elle avait enfanté un Bouddha. »

              « Ryôkan était reconnaissant à Maître Genshô d’avoir trouvé ce moyen habile pour l’inciter à suivre son chemin, son destin. Ainsi, lui aussi serait un voyageur, un oiseau migrateur, l’un de ces moines itinérants qui sillonnent les routes de la terre comme les nuages celles du ciel, les nuages impermanents qui vont et viennent par le monde, tantôt vapeur légère, tantôt pluie s’abattant lourdement sur le sol, bue par la terre, mêlée à l’eau des sources, des ruisseaux, des rivières et des fleuves, coulant entre les rives encaissées jusqu’à la mer où ils semblaient mourir avant d’à nouveau s’exhaler, s’élever en volutes blanches, renaître à leur vie de nuage. »

                « Ensuite, il s’assit en zazen et médita longuement, peu à peu s’emplit de vide, harmonisant son souffle à celui qui traverse l’univers entier, se préparant à être le bras qui tenait le pinceau, le bras qui perpétuait la création, s’inscrivait humblement dans la création tel un prolongement nécessaire, un bref effet dans le réseau universel des effets et des causes, quelque chose comme le surgissement d’une foliole à l’extrême pointe d’un rameau de fougère, l’eau d’un étang ridée par un souffle de vent. »

                  « Ils disaient, leurs yeux de charbon et de pierre à encre : Je ne veux pas vous aimer, mon ami. Je ne veux pas vous aimer de ce qu’ils disent l’amour, de ce qu’ils clament l’amour et qu’ils oublient après deux ou trois ans, quand ils ont épuisé l’éphémère feu du désir. Je ne vous aime pas, mon amie, vous valez bien mieux que cela. Je ne désire que vos yeux dans mes yeux. Je ne désire rien de plus, car plus serait moins. De vous, je veux juste être assuré de la présence aux moments où la vie se fait un peu lourde, un peu pierre. Je veux simplement savoir vos épaules sous ce ciel, vos pieds sur cette terre. De vous je ne désire que la pensée en moi, comme en l’huître la perle. De vous je ne veux rien, car vouloir serait perdre. »

                    « À nouveau rougissent les érables dans le parc de l’Otoko. Elle ramasse un grand sac de feuilles qu’elle épand sur le sol autour de sa couche. Il plonge les mains dans la fraîcheur végétale, écoute bruire ou rire ces feuilles que l’on dit mortes, qui ont connu en trois saisons tout leur humble destin, des bourgeons vert tendre du dernier printemps aux belles mains blondes qui, l’été, ombrageaient les jeux des enfants, puis à ces splendeurs pourpres et mordorées de l’automne, dont la beauté même présage la fin prochaine.

                      À présent, jonchant le sol, elles restent dans le grand jeu, dans le grand cycle. Oui, le samsara continue pour elles ; oui, leur matière va servir à d’autres formes. Et leur esprit est resté dans les yeux des enfants, les cœurs des chercheurs d’absolu, les vers des poètes. »






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