Bredoteau ou Bretodeau?
27 07 2008
Je me souviens de la boîte aux trésors de Dominique BreTOdeau (”Pas BreDOteau !”) dans Le fabuleux destin d’Amélie Poulain.
Catégories : Je me souviens
Je me souviens de la boîte aux trésors de Dominique BreTOdeau (”Pas BreDOteau !”) dans Le fabuleux destin d’Amélie Poulain.

Tenez, cette année, pour les congés, j’avais décidé de m’ennuyer. Seul, sac au dos, sur les routes monotones de la Creuse, je pensais transformer les vacances en vacance, ne trouver que le vide… Et puis, entre la saga des rencontres insolites et la ronde des souvenirs, j’ai découvert un vide étonnamment plein…
Ennuyeuse, la Creuse ? Et si, au terme de cette semaine de vacance, je parvenais à me surprendre… à vous surprendre ?“
Cette année, pour les congés payés, j’ai décidé de m’ennuyer. Si l’on ne s’ennuie pas, le temps passe vite, et deux semaines, c’est si court ! Mais s’ennuyer, c’est ruminer le temps, le malaxer, l’étirer comme une pâte, comme une gomme extensible. C’est profiter de chaque grain de sable.
C’est pour cela que je préfère ne pas parler de vacances au pluriel, un mot qui – tout comme le mot loisirs évoque précisément l’absence de loisir, d’oisiveté – un mot, donc, qui renvoie lui aussi à un temps plein, meublé d’activités riches et variées, précisément le contraire de la vacance, c’est-à-dire du bienheureux vide.
J’ai toujours admiré cette racine, mère d’une riche famille : vacuité (quelle rime merveilleuse à fatuité !), vacuole (l’un des constituants de nos cellules, donc de notre être, serait le vide…), vacation, vacant, sans oublier ce « vacuum » étrange que je trouvais, enfant, sur certains produits emballés sous vide ou encore, si ma mémoire est bonne, sur ces ingénieuses boîtes en matière plastique produites par une firme américaine au nom imprononçable spécialisée dans la démonstration à domicile.
C’est toujours avec une étrange sensation de joie et de puissance que j’actionnais, suivant à la lettre les recommandations de la vendeuse, l’élastique fontanelle du couvercle, produisant, par une adéquate pression des pouces, la libération, dans un souffle vaguement incongru, d’une certaine quantité d’air remplacée ipso facto par ce vide censé protéger les aliments de toute corruption due à l’oxygène, un gaz comme chacun sait nécessaire à la respiration de l’être humain, certes, mais aussi – toute médaille a son revers – propice à la putréfaction de ses nourritures terrestres.
La nature a horreur du vide… Grâce aux produits de la gamme Tupperware, n’importe quelle ménagère armoricaine, la moindre bonniche créole, le plus infirme vieillard nationaliste peut pourtant, par une simple pression des pouces, produire à volonté ce miracle – à l’échelle, il est vrai, d’une boîte de matière plastique. La fin du monde : le Créateur pressant des deux pouces, quelques secondes à peine, sur le couvercle de la voûte céleste…
Ce premier roman a obtenu en 2002 le Prix des Usagers de la Bibliothèque centrale du Hainaut

Michel Torrekens, Le Ligueur.
Thierry Detienne, Imagine.
Laurent Demoulin, Le Carnet et les Instants.
Anne Boulord, Marie-Claire.
Nicolas Keszei, www.worldonline.be
Alexandre Millon, Remue-Méninges.
Françoise Châtelain, http://users.skynet.be/litterature/
Pierre Maury, Le Soir.
Eric Cornu, Nord-Eclair.
Myriam Depaux, La Province.
Eric Allard, Ombrages.

Georges Perec
Je me souviens que Georges Perec a publié un recueil intitulé Je me souviens, constitué de 480 phrases dont chacune commence par les mots « Je me souviens », sur le modèle d’un ouvrage de Joe Brainard rédigé dans le même esprit, et que Roland Brasseur a consacré son ouvrage, Je me souviens de « Je me souviens » à l’explication détaillée des 480 Je me souviens de Perec.