FIXOFLEX

28 07 2008

Je me souviens des bracelets de montre FIXOFLEX, dont j’ai redécouvert un exemplaire récemment au poignet de mon ami Eric Allard.




Absurde

28 07 2008

Je me souviens de ce sizain absurde que disait ma mère :

« Une grand-mère de quatre-vingt-sept ans

En mangeant de la crème

S’est cassé une dent.

Ooh, lui dit sa maman,

En mangeant de la crème,

C’est pas étonnant. »




Urtain

28 07 2008

Je me souviens d’un champion de force basque (berger ?) devenu célèbre boxeur sous le nom d’Urtain.




Baromètre

28 07 2008

Je me souviens que ma grand-mère avait un « baromètre d’amour » : quand on le prenait en main, le liquide qu’il contenait s’élevait jusqu’à une certaine graduation qui indiquait à quel degré on était amoureux.




Bananes

28 07 2008

Je me souviens des bananes Fyffes, et du slogan : “Ne dites pas simplement banane pour une Chiquita.”




Monopoly

28 07 2008

Je me souviens de quelques noms de rues du Monopoly belge : Bruxelles, rue Neuve; Namur, rue de l’Ange; Louvain, rue de Diest.




Dagobert

28 07 2008

Je me souviens de la joie que me procurait chaque semaine, dans Le Soir illustré, la lecture des aventures de Dagobert.




Radius et cubitus

28 07 2008

Je me souviens que j’ai découvert les noms des os radius et cubitus le jour où je me les suis fracturés , à huit ans, dans la cour de récréation.




Magma

28 07 2008

Je me souviens que Christian Vander, le leader du groupe rock français Magma, avait inventé une langue, le Kobaien, dans laquelle étaient rédigées toutes les chansons du groupe.




Nuage et eau : phrases-clés

28 07 2008

"Unsui" (nuage et eau) : calligraphie de Pascal Goossens

"Unsui" (nuage et eau) : calligraphie de Pascal Goossens

« C’est dans un cri que nous entrons au monde. C’est dans un cri, parfois, que nous en sortons. Entre les deux, cette souffrance que l’on appelle la vie. »

    « Un souffle de vent fit voleter quelques pétales du cerisier en fleurs qui avait assisté, impassible, à la décollation. Et les confetti de soie rose s’engluèrent dans le sang frais. »

      « Fumitata jura solennellement qu’il suivrait avec enthousiasme et abnégation la Voie du zen, celle qui, partie du Bouddha indien, était passée en Chine avec Bodhidharma, puis au Japon où Maître Dogen lui avait donné, cinq siècles auparavant, la forme épurée du zen : simplement s’asseoir en méditation, pousser le ciel avec la tête et la terre avec les genoux, devenir une colonne d’air, un temple de chair, une pépite de vide. »

        « Même si nous vivions plusieurs siècles, songeait Fumitata chaque fois que Maître Genshô racontait l’histoire du roi qui voulait connaître toute la sagesse humaine, nous n’aurions pas le temps de tout apprendre. Alors qu’un seul instant nous permettrait de tout comprendre, d’embrasser toute la vérité de l’homme. Pourquoi cinq cents volumes si trois mots suffisent ?

          Et pourquoi trois mots si suffisait, pour connaître l’univers, une seconde de méditation silencieuse ? »

          « Dans la contemplation de son galet, le novice que certains trouvaient lent redécouvrait trois idées de base du bouddhisme : l’impermanence, dans le caractère éphémère de la couleur ; l’interdépendance, car la couleur n’existait pas en tant que telle, mais était liée à l’humidité de la pierre, à la présence ou non du soleil, de l’ombre, des nuages ; et la vacuité, car il n’était rien de solide, rien de plein, rien de « vrai » dans cette teinte indéfinissable, variable et, à terme, inexistante. »

            « Fumitata commençait à comprendre que si, dans la réalité relative, sa mère avait pleuré lorsqu’ils s’étaient séparés, dans la réalité absolue il n’y avait jamais de séparation et les larmes de sa mère se changeaient en pétales de roses car elle avait enfanté un Bouddha. »

              « Ryôkan était reconnaissant à Maître Genshô d’avoir trouvé ce moyen habile pour l’inciter à suivre son chemin, son destin. Ainsi, lui aussi serait un voyageur, un oiseau migrateur, l’un de ces moines itinérants qui sillonnent les routes de la terre comme les nuages celles du ciel, les nuages impermanents qui vont et viennent par le monde, tantôt vapeur légère, tantôt pluie s’abattant lourdement sur le sol, bue par la terre, mêlée à l’eau des sources, des ruisseaux, des rivières et des fleuves, coulant entre les rives encaissées jusqu’à la mer où ils semblaient mourir avant d’à nouveau s’exhaler, s’élever en volutes blanches, renaître à leur vie de nuage. »

                « Ensuite, il s’assit en zazen et médita longuement, peu à peu s’emplit de vide, harmonisant son souffle à celui qui traverse l’univers entier, se préparant à être le bras qui tenait le pinceau, le bras qui perpétuait la création, s’inscrivait humblement dans la création tel un prolongement nécessaire, un bref effet dans le réseau universel des effets et des causes, quelque chose comme le surgissement d’une foliole à l’extrême pointe d’un rameau de fougère, l’eau d’un étang ridée par un souffle de vent. »

                  « Ils disaient, leurs yeux de charbon et de pierre à encre : Je ne veux pas vous aimer, mon ami. Je ne veux pas vous aimer de ce qu’ils disent l’amour, de ce qu’ils clament l’amour et qu’ils oublient après deux ou trois ans, quand ils ont épuisé l’éphémère feu du désir. Je ne vous aime pas, mon amie, vous valez bien mieux que cela. Je ne désire que vos yeux dans mes yeux. Je ne désire rien de plus, car plus serait moins. De vous, je veux juste être assuré de la présence aux moments où la vie se fait un peu lourde, un peu pierre. Je veux simplement savoir vos épaules sous ce ciel, vos pieds sur cette terre. De vous je ne désire que la pensée en moi, comme en l’huître la perle. De vous je ne veux rien, car vouloir serait perdre. »

                    « À nouveau rougissent les érables dans le parc de l’Otoko. Elle ramasse un grand sac de feuilles qu’elle épand sur le sol autour de sa couche. Il plonge les mains dans la fraîcheur végétale, écoute bruire ou rire ces feuilles que l’on dit mortes, qui ont connu en trois saisons tout leur humble destin, des bourgeons vert tendre du dernier printemps aux belles mains blondes qui, l’été, ombrageaient les jeux des enfants, puis à ces splendeurs pourpres et mordorées de l’automne, dont la beauté même présage la fin prochaine.

                      À présent, jonchant le sol, elles restent dans le grand jeu, dans le grand cycle. Oui, le samsara continue pour elles ; oui, leur matière va servir à d’autres formes. Et leur esprit est resté dans les yeux des enfants, les cœurs des chercheurs d’absolu, les vers des poètes. »






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