Autour de “Maman Jeanne”

27 08 2009

Un an après Nuage et eau, une nouvelle aventure commence avec Maman Jeanne.
Quelques jours après sa sortie, le livre connaît déjà de beaux échos. Comme une pierre dont la chute dans l’eau dessine des ondes concentriques.
C’est ainsi que :

  • le jeudi 3 septembre, Nicole Debarre présentera Jeanne sur La Première radio, dans les chroniques “rentrée littéraire” de 9 et 19 heures ;
  • le mardi 15 septembre, je serai l’invité de Mille Feuilles, l’émission de Thierry Bellefroid sur la Une télé ;
  • le jeudi 24 septembre à 19 heures, à Mons, la maison Losseau (rue de Nimy) nous accueillera, Françoise Houdart et moi, pour une présentation croisée de nos derniers romans, Oublier Emma et Maman Jeanne. Christine Mordant lira des extraits des deux livres ;
  • le samedi 26 septembre, de 10 à 12 heures Didier D’Halluin me présentera à la bibliothèque de Mouscron dans le cadre des déjeuners littéraires ;
  • le mardi 29 septembre à 19 heures 30, Françoise Houdart et moi serons à nouveau réunis à la librairie Antigone de Gembloux ;
  • le vendredi 23 octobre en soirée, dans le cadre de la série de lectures organisée par l’Axiale boraine, Lise Dineur lira Maman Jeanne au Centre culturel de Colfontaine dirigé par Laurence Van Oost, dans une mise en voix de Julien Vanbreuseghem. Cette soirée, prélude à un travail scénique, sera organisée avec la précieuse collaboration de la Fabrique de Théâtre et de son directeur Michel Tanner ;
  • le jeudi 29 octobre, au Centre Culturel de Dour, Eric Cornu m’interrogera à propos de Maman Jeanne.

N’hésitez pas à m’écrire si vous désirez en savoir plus !




Maman Jeanne

18 08 2009

Dans le Discours de Suède, Albert Camus écrivait : « L’art n’est pas à mes yeux une réjouissance solitaire. Il est un moyen d’émouvoir le plus grand nombre d’hommes en leur offrant une image privilégiée des souffrances et des joies communes. Il oblige donc l’artiste à ne pas s’isoler ; il le soumet à la vérité la plus humble et la plus universelle. »
C’est une telle conception de l’art qui a guidé ma plume dans l’écriture de Maman Jeanne.
À la source de ce texte, l’humble vérité d’une souffrance. Celle de Jeanne. Au départ, une pile de lettres dans un tiroir, un grenier, une brocante ou une boîte à cigares. Des lettres datées de 1909, 1910. Près d’un siècle de sommeil. Les témoignages d’une femme qui pourrait être mon arrière-grand-mère.
Lire ces lettres, les comprendre, les faire parler. Compléter les blancs, les silences. Imaginer un cadre. Puis, après des années de décantation, donner la parole à celle qui ne peut plus parler. Offrir l’image de cette souffrance. Émouvoir ? Peut-être, mais sobrement. Éviter lyrisme, pathos. « La vérité, l’humble vérité. »
« Qu’est-ce que c’est, la Grâce ? », demande Jeanne. « Qu’est-ce que c’est, le Salut ? » Femme de foi, femme d’obéissance, passée du service de son père à celui de son mari puis à celui d’un prêtre, quand vivra-t-elle ? Jamais, peut-être, en tout cas jamais sur cette terre, et cette prise de conscience la mènera jusqu’aux portes de la folie.
L’amour pourrait être la clé, l’amour pourrait être la voie du Salut. Mais certaines amours sont interdites. La « Belle Époque » ne l’est pas pour tout le monde. La maternité aussi fait problème. Quand un enfant naît de certaines unions, si Dieu n’accepte pas d’en faire un ange, il reste à l’abandonner.
Jeanne la femme sans grâce, Jeanne qui a aimé d’un amour interdit, Jeanne qui a donné naissance à l’enfant du péché ne trouvera comme solution que l’abandon. Elle offre son enfant à une autre mère. Elle s’abandonne elle-même. Elle s’offre à la folie.
Donner la parole à Jeanne, un siècle après. Rendre la vie à celle qui n’a jamais vécu vraiment. Écrire pour la faire exister. Le texte est là, comme un plan sur un chantier. Reste à construire le bâtiment. Reste à faire vivre Jeanne.

Maman Jeanne sortira des presses des éditions Luce Wilquin en août 2009.