Dicton

28 07 2008

Il n’avait jamais eu de chance au jeu. Si bien que, quand il apprit par la télé qu’il venait de gagner la super cagnotte du loto européen, il s’écroula, foudroyé par une crise cardiaque. Son unique héritier, un lointain neveu, ne le retrouva que quinze jours plus tard et découvrit le billet gagnant sous le corps décomposé. Au journaliste qui l’interrogeait, il déclara : « Celui qui a dit que l’argent n’a pas d’odeur devait avoir le nez bouché. »




Billy Boule

28 07 2008

Je me souviens de Billy Boule, “le plus gros écolier du monde”.




Tontons flingueurs

28 07 2008

Je me souviens des Tontons flingueurs.




King Crimson

28 07 2008

Je me souviens que j’avais copié, au cours de dessin, la couverture de l’album de King Crimson, In the court of the Crimson King.




Tintin

28 07 2008

Je me souviens du bonheur que c’était de lire pour la première fois un album des aventures de Tintin.




De Gaulle et Pompidou

28 07 2008

Je me souviens que j’ai appris la mort de De Gaulle dans un vestiaire d’éducation physique, et celle de Pompidou à un festival du cinéma fantastique, à Liège.




Oiseaux

28 07 2008

Illustration :

Salvatore Gucciardo


cormoran perché
près du canal débonnaire
très loin des marées


les deux pies au nid
l’une couve        l’autre épie
dans les œufs       la vie


coucou        il appelle
coucou       coucou       où est-elle
qui ne répond pas




Ombre

28 07 2008

Illustration :

Salvatore Gucciardo


l’ombre devant toi
mouvance de flamme noire
quelqu’un te devance


à l’ombre du buis
dans le frais des valérianes
le  chat noir blotti


dans la peupleraie
l’ombre bruit de chants d’oiseaux
le ruisseau murmure




Soleil

28 07 2008

Illustration :

Salvatore Gucciardo


le soleil en gloire
à l’horizon des terrils
flamme matinale


roucoulement doux
tourterelle sous le houx
saoulée de soleil


neige         belle étrenne
dans le bois carte postale
où fond le soleil




16 août 2008 : sortie d’un nouveau roman

27 07 2008

Mon quatrième roman, Nuage et eau, sort le 16 août aux éditions Luce Wilquin.

Comment est né ce livre? C’est une longue histoire!

Quand j’avais dix-sept ans, j’ai acheté un jour chez un brocanteur de Liège une statuette de Bouddha. Je lui ai consacré un sonnet. Elle a longtemps orné ma chambre puis elle a disparu dans un déménagement. Mais le Bouddha est resté quelque part, à sommeiller.

Quand j’avais quarante-sept ans, je me suis mis à la pratique du haïku, ce bref poème japonais où l’instant fugace est saisi en dix-sept syllabes qui semblent s’excuser de rompre le silence.

Et puis, Ryôkan est entré dans ma vie par un livre découvert chez un bouquiniste parisien : Les 99 haïku de Ryôkan. Il était une fois un moine bouddhiste zen japonais qui pratiquait le haïku. Il était l’ami des oiseaux et des enfants, et la fin de sa vie fut transcendée par l’amour de Teishin, une moniale belle et sage de quarante ans sa cadette.

Alors, le Bouddha qui sommeillait a frappé à la porte et m’a guidé vers la méditation zen. Je l’ai pratiquée presque journellement durant trois ans.

Et l’idée est venue : écrire à propos de Ryôkan. Dire dans un roman le roman de sa vie. Exprimer par les mots ce qui dépasse les mots. Broder avec le fil du langage sur la trame du silence.
J’ai lu la biographie autorisée, les poèmes de Ryôkan et Teishin, les textes fondateurs du bouddhisme zen, prenant des notes, préparant un canevas. Tout était prêt. Manquait le déclic.

Le prix Charles Plisnier fut ce déclic. Un jury indépendant décrétait que mon précédent livre  était un livre. Il n’était donc peut-être pas inutile d’entrer en retraite, en méditation, de consacrer quelques mois à ressusciter un peu, dans la sobriété d’une écriture zen et l’émotion poétique qu’elle appelait en moi, l’histoire du moine fou, l’ami des oiseaux et des enfants, celui qui, au soir de sa vie, vit s’ouvrir pour lui le sourire de Teishin.

Puisse le lecteur partager ce sourire…






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